Le blog de Niandou Ibrahim

21 novembre 2018

La politique tue-t-elle les talents au Niger ?

A Dr Elisabeth Chérif pour sa combativité... J’ai lu ce post, sur une page Facebook (de Monsieur Kalilou Cissé), ce matin: « La politique a tué nos talents ». Voici une affirmation qui ne peut se contenter du « j’aime » classique car, en vérité, c’est une incitation du citoyen à honorer son devoir de réflexion et de proposition, dans le contexte politique actuel du Niger, me dis-je. 
La politique est l’ensemble des technologies mobilisées pour faire fonctionner une communauté. Ces « techné » (du grec) incluent

Iyo

les idées, les ressources humaines, les ressources financières, les textes, les stratégies etc 
Dans notre pays, les batailles dans « l’arène » de la politique post-conférence Nationale semblent n’avoir pas suffisamment saisi tout ce sens de la politique. « Les hommes politiques » ont supplanté les idéologies politiques, à dessein, car ils savaient, avant Barack Obama et son discours du 11 juillet 2009, que "L'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, mais de fortes institutions".
 La politique idéale et noble pour le citoyen que je suis, est celle par laquelle les partis ou groupes de personnes qui, par volonté des électeurs ou par la force des armes (c’est le cas chez nous parfois), qui prennent les pouvoirs nationaux fassent tout l’effort pour mobiliser le maximum possible de ressources pour des investissements convenus et planifiés en vue du bien-être des nigériens. Ainsi, la différence des régimes n’aurait pas été le niveau de mise à contribution des êtres et des choses (puisque chacun l’aurait faite, toute chose égale…) mais la façon de les valoriser, c’est-à-dire, les stratégies, elles-mêmes déterminées par les éventails idéologiques et programmatiques. Or, je n’ai jamais vraiment pu trouver une logique entre les tendances idéologiques dont se targuent les partis politiques et leur conduite chaque fois qu’ils ont eu les moyens de démonstration, le pouvoir de gestion. J’ai toujours vu les nigériens soutenir, voter pour des personnes ; confondre le parti au leader du parti. J’ai bien vu quelques « Programmes » brandis mais destinés plutôt aux bailleurs qu’à mes concitoyens. Mieux présentés à l’extérieur qu’à Téra et Bilma. Le vide créé par ce désert idéologique dans les partis politiques, est sans doute la cause des poids surdimensionnés que prennent les chefs de ces partis, leur régionalisme et même leur pseudo-alternance, par filiation parentale. Oui, l’illisibilité des visions des partis n’est-il pas, finalement, la cause du clientélisme, de la corruption, de la marginalisation, de l’écrasement des talents et des compétences au Niger ?

Les choses me paraissaient à peu près claires jusqu’en 1987. Dans les traditions nigériennes, le chef et les membres de sa cour sont des personnes respectables et respectueuses, une incarnation de l’advertance, de la justice et de la compassion. Ces vertus essentielles ont été, pour l’essentiel (malgré donc quelques errements) préservées, défendues, véhiculées le long de notre histoire par les pouvoirs de nos chefs traditionnels puis politico-administratifs. J’ai personnellement eu l’immense honneur de rencontrer et d’écouter en privé Djibo Bakary, en ma qualité alors de militant politique de Sawaba. J’ai compris ce qu’il portait, avec ses compagnons du Mouvement, comme convictions. Les échos du RDA que j’ai me convainquent de la clarté des choix que proposait le RDA. La Société De Développement du MNSD parti d’Etat m’était compréhensible (jusqu’à un certain moment), avec son tremplin original Coopérative-Samariya-AFN. Je ne juge pas de la pertinence, mais je jauge la qualité de la communication des Visions. Il y avait sans doute eu des erreurs et des dérapages en leurs temps mais ils tentaient de partager leurs « rêves » aux citoyens. Ils assumaient leur identité. Ils couraient derrière des engagements de cœur. 
Au sortir de la conférence nationale souveraine, j’ai eu un grand espoir. Le grand nombre de partis politiques qui naquirent avec fortes explications doctrinaires, parfois frisant même du fanatisme, étaient autant de sources de formations politiques potentielles ; autant de possibilités de choix d’adhésion pour les nigériens, autant de richesses. Je suis convaincu que la force de la démocratie, c’est-à-dire de la participation de tous les talents, a un rapport de proportionnel avec la diversité de choix politiques disponibles. Un grand nombre de parti qui présente une diversité nette d’idéologie offre plus de liberté au citoyen de choisir vers qui il veut aller par l’espoir de mieux contribuer avec le talent qu’il porte. Socialiste, démocratique, progressiste, capitaliste, révolutionnaire…. Je voyais des nigériens excités, exaltés, par tant d’offres, en réponse à leur exorbitante demande de 1991. 
Hélas! Notre démocratie s’est vite mise à l’apprentissage du Hara-Kiri, par les mêmes bras qui revendiquent sa construction : Les « forces vives », dans une grande proportion, à travers un progressif remplacement de la cause nationale par des intérêts personnels et claniques. Aux premières élections des années ’90, nous, les nigériens les plus nombreux, qui avaient entre 20 et 40 ans en 1991 (J’en avais 26) rêvions d’avantage d’un régime qui pouvait instaurer la justice sociale ; qui mette en valeur chaque citoyen, convaincu que cela boosterait la production nationale, l’emploi, les services sociaux de qualité… J’eus, j’avoue, jusqu’au secret l’utopie d’un prolongement de Sankarisme sous mon ciel. 
Notre révolution semble avoir eu le coup cassé dans son œuf !! Notre démocratie est, depuis, une succession de bagarres pour garder le pouvoir et ses privilèges légaux et illégaux, décents et indécents. Notre histoire récente est une succession sinon une continuité de guéguerres pour rester au plus près des avantages et des préséances pour soi et pour les proches à tous les échelons des escaliers structurels et institutionnels de la République. Mon jardin est devenu une jungle. Qui aurait cru, au sortir de la conférence nationale, qu’un dirigeant politique nigérien osera encore, arrêter injustement, concocter des dossiers pour embastiller des adversaires, s’arroger des ressources publiques pour satisfaire des appétits familiaux irréguliers, pour faire taire une opinion discordante? Les étoiles de la conférence nationale, les enfants de l’ovation populaire sont devenus les principaux opposants de la liberté. Pour notre malheur, certains ne savent même pas qu’ils sont le problème. Que tous ceux (qui ont un morceau de pouvoir) qui me lisent se demandent en leur intime conviction, s’ils ne sont le problème ; s’ils (ayant eu le pouvoir) n’ont pas été le problème. Ces honnêtes gladiateurs de l’odyssée anti-démocratique ne démissionneront pas après mais j’espère qu’ils ont un ultime pan de conscience qui s’ébrouera, une seconde. A force de vouloir garder et fructifier des biens et des maîtrises exclusifs des décisions pour eux et pour leurs proches, ces désormais professionnels de la politique ont ignoré, écarté, humilié, piétiné, isolé, les millions d’autres talents qui auraient pu émerger, contribuer, participer, inspirer…et ça dure…
Nous sommes passés d’une époque où l’Etat dont les chefs insistaient à la mobilisation de chacun, à un état où on exclue délibérément celui qui n’est pas de « la mouvance présidentielle » ou « de la majorité » ou de « l’alliance au pouvoir »; on est si malin, qu’on a réussi à légitimer l’exclusion dans la démocratie. On excrète l’opposant, on le lui fait savoir et on le lui démontre par rétorsion successive: révocation ou débarquement (même les concepts utilisés sont choisis pour exacerber la douleur) ; « redressement fiscal » ou « casser le dos »…. A ces fins, on manipule les textes, on prend de nouveaux actes administratifs, on réaffecte ailleurs des projets, on sabote de l’utile, on construit du futile…. On gâte démesurément « les partisans politiques » même quand leur mérite s’arrête à cette sectaire et vulgaire fidélité de bande de potes. Nomination d’idiots somnolents sous le regard de compétents frustrés ; Impunité totale pour les « amis politiques » et autres alliés électoraux; On préfère sombrer et faire sombrer le pays que de sanctionner « le proche » ; On écrasera les textes et les institutions pour le bonheur d’un fils du clan. Chaque valse d’alliance, est suivie d’une lambada de nominations, par laquelle on jette bébé et eau du bain. Mes concitoyens de tous bords et même sans bords auront sans doute des exemples, chacun, de ces injustices et de ces inefficiences.
En observant et en écoutant les événements et échanges « politiques » au Niger, on remarque maintenant l’omniprésence de cette malsaine compétition où c’est à celui qui décrédibilise le plus l’autre ; le plus longtemps et les plus gravement possible ; à celui qui étale le mieux les défauts de l’autre ; à celui qui a le plus de génie pour dénicher d’innommables et de nauséabondes dossiers dans les poubelles de l’adversaire. Cette manie de nombre de « leaders politiques » (et des petites mains tapies dans leur tordu ombre) d’animer l’espace public ne choque plus. Au contraire, elle est banalisée, normalisée et adoptée par les militants et supporters de ces chefs de partis au point d’éclipser les sujets majeurs, objet originel de leur mission, que sont l’amélioration de la santé, l’éducation, l’environnement, l’économie, l’alimentation, la justice sociale, de la sécurité etc Mieux, elle est applaudie et promue, y compris à l’Assemblée Nationale où des attaques en dessous de ceinture sont acclamées.
Face à la persistance de cette logique, une grande partie de mes concitoyens se sont petit à petit résolu à s’aligner à la norme, à entrer dans la file des « prébendes » (comme on disait il y a dix ans), de « la mangeoire » (comme on dit maintenant), à se convaincre que le talent et la compétence paient moins que le lèche-bottisme, le béni-oui-ouisme. Quoi donc de plus normal, se disent-beaucoup, que d’adopter l’attitude qui permet de « réussir », dans cette ambiance ? Les comportements malsains mais efficaces (pour leur objectif) de chefs et sous-chefs qui s’accrochent au pouvoir, la tendance irrépressible du système face à la fragilité des contre-pouvoirs, la déception de constater que les plus jeunes qui pénètrent le système s’y conforment et se confortent, au lieu de tenter de le métamorphoser, ont vite convaincu bien des hardis que s’aligner est meilleur que de résister. Mon peuple semble être fatigué, semble vouloir se coucher, semble se résigner et laisser faire…Que de mauvais signes sous ces cieux de résistance et de combativité. 
Que restent-ils donc d’autres à faire ? La nature va réagir sans aucun doute. La révolution est inévitable. Pour la gérer sans violence, ma conviction est qu’une éducation civique massive et intensive de mes concitoyens doit s’entreprendre immédiatement. Dans les partis politiques comme dans la société civile et ailleurs, il y a des voix progressistes, certes parfois inaudibles ou ignorées, d’autres fois réprimées, qui méritent de se rencontrer afin d’arrêter cette descente aux enfers de la gouvernance politique dans notre Niger. #Iyo

Niandou Ibrahim est titulaire d’une maîtrise en communication. Il est consultant international et Directeur du Cabinet GREEF (Groupe de recherches, d’études et de formations), auteur (le surdoué Editions Afrique Lecture, 2010, la colère des agneaux Editions Alfa 2018), poète, homme de culture, blogueur (compte twitter non politique le plus suivi au Niger (https://twitter.com/IbrahimNiandou ).

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L’enseignant de l’éducation Nationale au Niger: Le diamant (auto)négligé de la mine ?

A Rayanatou Djenitondi Boubacar, enseignante à Madaoua : Ton cri de cœur a déchiré le ciel !!!

Iyo-niandou


Depuis plusieurs années, les conditions de l’enseignement se sont détériorées dans les écoles publiques au Niger. Cela a conduit à une dégradation de motivation des enseignants et une baisse de la qualité du contenu des enseignements. L’employeur qu’est l’Etat a-t’ il assumé ses responsabilités ? L’enseignant a-t’ il rendu toute la redevabilité requise face aux parents d’élèves ? Les citoyens nigériens ont-ils tenu une réaction civique pertinente dans ce contexte ?

L’école nigérienne est malade. Ce diagnostic-là est accepté à l’unanimité par les nigériens. Les débats sur le début de sa descente en enfer ; sur laquelle de telle ou telle réforme a été la plus déterminante dans cette traversée du désert ; sur quel régime politique de quels leaders politiques la vache a-t’ elle été la plus amaigrit, sont des analyses qui doivent se faire mais qui ne retiennent pas mon attention ici. Le plus important pour le Niger et pour les nigériens est de s’accorder sur le fait que le moteur est en panne et qu’il faut trouver les thérapies pour remettre la mécanique en marche.

L’école nigérienne est malade de la baisse de compétences techniques des enseignants. Jadis, ne pouvaient être enseignants que les meilleurs ; ceux qui avaient les cerveaux bourrés, les plus fertiles et les cœurs les plus gros. Ce n’est pas fortuitement que nos pays se sont réveillés en tant que pays, essentiellement entre les mains d’enseignants. Diori Hamani, Boubou Hama et les autres GRANDS. Je me rappelle que ce fut mon maître Sanda Mazaozé (Que Dieu ait son âme. Je lui ai dédié mon roman « le surdoué » en 2010) qui nous amenait voir les spectacles artistiques à la maison des jeunes de Dosso dans les années ‘70. C’est ainsi que j’ai vu le cirque chinois, Nahawa Doumbia et d’autres sons et lumières instructives à Dosso…Et ces soirées culturelles alimentaient les leçons du lendemain. Je me rappelle avoir gagné mon premier prix d’un concours artistique en 1977, parce que mon maître m’y avait inscrit, de son propre chef. Je me rappelle des visites que mon Directeur d’école (Cheick Khalid Djibo) rendait à ma famille et à d’autres familles d’élèves de la Médersa de Dosso. Je n’oublierai jamais la colère de « Monsieur » quand, par erreur, je lui ai dit que j’allais faire « la » lycée, induit en erreur par ce foutu « e muet » qui n’a rien à faire à la fin du « Lycée ». De mon CI à mon CM2, je n’ai jamais vu aucun de mes nombreux enseignants avec un vélo, une moto ou un véhicule. Chacun des lecteurs de ce texte aura sans doute souvenir des compétences, de la rigueur, du sacrifice, du leadership de ces hommes et femmes qui ne vivaient que pour la réussite de leurs élèves.

Les temps ont changé, depuis. L’école s’est retrouvée en laisser pour compte, transformée en cadre de gardiennage des enfants et « machine à problèmes » tenue par des « vulnérables ». Les explications à cette débâcle de l’école sont complexes.

La défaillance d’un nombre important d’enseignants en est un des facteurs : des jeunes gens sans formation de base, incapables de transmettre des connaissances qu’ils n’ont pas, eux-mêmes ; des jeunes filles et garçons qui ne prennent la craie que pour ne pas « chômer » arrivent en contingents entiers, mal payés, mal formés. La personne qui ne peut solidement s’exprimer en français ne peut enseigner efficacement ni le français ni une autre matière en français. La personne qui ne vient à l’enseignement que par défaut ne peut se sacrifier comme maître Sanda Mazaozé, à payer des tickets de spectacles à toute une classe ; ne peut, à pieds, comme Oustaz Khalid, sillonner les domiciles des dizaines d’enfants. L’école s’est retrouvée avec des milliers d’enseignants qui dédaignent de rester au village. Le village, c’est cet endroit sans électricité, sans eau courante, sans internet peut-être, sans tous les privilèges et le réseau d’amis de la fada, qui donnent les luxes du standing et font l’identité du bourgeois que l’on veut parfois être. La vie au village est très difficile. C’est pourquoi, la majorité des jeunes enseignants du milieu rural vit en ville, dès que possible. On se transporte le matin au village pour dispenser les cours et on revient le soir chez soi. On y va lundi matin pour tenir la classe et on en repart vendredi soir pour son domicile en ville. Où sont donc mises les autres fonctions de l’enseignant ? le rôle social (conseiller du chef de village et autres, négociateur, humain, morale etc)  politique (éducation civique, éclairage sur la République et son fonctionnement, sur le rôle de partis politiques, organisations d’initiatives dans le village etc), économique (formation des parents d’élèves, éclairages sur la gestion, investissements dans le village, contribution du salaire à l’économie du village etc)? la précarité financière et intellectuelle a tué des fonctions importantes de l’enseignant.

L’Etat du Niger a fait preuve d’un amateurisme aberrant dans la gestion de l’éducation publique. Des erreurs si graves qu’on pourrait se demander s’il n’y avait pas une volonté de bradage de l’école sur l’autel d’autres intérêts. Il est vrai qu’il connut et connait des pressions exogènes diverses (sur lesquelles je ne m’étale pas, sachant que nous devons assumer nos faiblesses en négociation face à ces influences externes) dont les enjeux sont plutôt de la survie du régime politique. Entre tuer son école ou se faire étrangler par les bailleurs et créanciers (ce sont les mêmes), il a presque toujours choisit « la réforme » assassine et le minable IDH. Ainsi, nous eûmes des réformes de retraite (départ massif d’enseignants confirmés pour des raisons d’économie budgétaire,…), de rémunération (des yoyo et des retards salariaux, des conciliabules sur des indemnités …), de profil de recrutement (politique du moins-disant qui sous-entend on recrute plus grand nombre mais moins instruit en payant moins), de budget de crise (des enveloppes budgétaires en deçà du nécessaire pour les besoins …), d’organisation politique (Ministères et réorganisations structurelles, transfert de charges sur des structures associatives etc), de gouvernance du système scolaire dans le sens de la gestion professionnelle, diligente, rigoureuse des décisions. Tant de paillottes n’offre pas de conditions d’études ; tant de manque de fournitures, de matériel pédagogique, ne peut permettre un apprentissage efficace. Je viens de lire, ce 1er novembre 2018, sur le compte Twitter de @Impulseur (Ibrahim Tanimoun) qu’aucun texte d’auteurs nigériens ne serait étudié dans les collèges et lycées du Niger. Quand ces jeunes gens reviendront pour enseigner, ce sera sans connaître grand ’chose de cette si riche littérature de leur pays. Ces bévues énumérées ne sont ni exhaustives ni détaillées.

Je m’en voudrai de ne pas dire aussi, ici, le mal que fait la mauvaise communication de leaders politiques de premier plan à certains moments déterminants dans l’histoire de gouvernance récente de l’école au Niger. Une personnalité publique, peut importe son niveau de légitimité et impression de puissance, doit pouvoir maîtriser ses émotions (même quand il est convaincu que ces citoyens « exagèrent ») et doit savoir remuer sa langue à deux fois avant de s’exprimer sur une corporation entière aussi importante que les enseignants. Nous sommes témoins de la virulence des adjectifs qualificatifs démoralisants jetés souvent sur toute ou grande partie de la profession enseignante au cours des 30 dernières années. L’Etat doit reconnaitre la valeur des enseignants dans les discours et dans les récompenses. C’est comme cela qu’il peut exiger des résultats et sanctionner équitablement.

Les parents d’élèves ont une responsabilité dans le délitement de l’éducation : l’insuffisance de suivi des enfants à la maison et à l’administration de l’école en est un exemple.

La société civile a une responsabilité dans la persistance de la situation : l’insuffisance de mobilisation quand il s’agit d’exiger le respect des engagements et des responsabilités des acteurs, notamment de l’Etat en est un exemple. On voit bien comment d’une centrale syndicale unique, le mouvement s’est fissuré, divisé, morcelé, affaiblit…On voit bien comment un syndicat du secteur est abandonné à lui-même en cas de bras de fer autour de revendications…Le soutien mutuel entre syndicats est devenu conditionné, calculé, rare.

Les médias également pourront mieux faire sur ce chantier, ne serait-ce qu’en démultipliant d’avantage les reportages sur la vie réelles des écoles dans le fin fond du Niger.

Le secteur privé, dans bien des cas, a oublié sa responsabilité sociale vis-à-vis de ces terroirs d’implantation dont elles pompent les richesses et polluent l’environnement, parfois depuis bien longtemps.

Chaque citoyen nigérien, témoin de cette décomposition continue que vit notre système scolaire a le devoir de transformer mon insatisfaction en action. Ne serait-ce qu’en interpellant les tenants du pouvoir sur ces altérations de l’école dont nous sommes témoins ; ne serait-ce que pour crier notre reconnaissance envers ces hommes et ces femmes par qui nous avons appris tant de choses bénéfiques : ne serait-ce qu’en aidant nos frères et sœurs enseignants à se convaincre que le Niger a une bonne image d’eux et qu’ils doivent avoir une bonne image d’eux-mêmes, pas celui de « pauvres enseignants ».

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Participation politique des femmes au Niger : le paradoxe des partis politique

Aux hommes champions : c’est vous qui êtes dans le vrai.
Au Niger, les relations des femmes avec les pouvoirs et avec les espaces des pouvoirs sont appréciées diversement, selon les circonstances en question et les référentiels historiques, politiques, sociaux, religieux…du milieu et des personnes en présence. Chaque fois qu’une femme a pris un pouvoir au Niger, quel qu’en soit l’échelle et l’époque, des lignes ont bougé et de la salive a coulé. Chaque émergence extraordinaire d’une femme est tantôt applaudie, tantôt houspillée, mais n’a jamais laissé l’opinion indifférente. Pourquoi donc tant de passion vis-à-vis de l’apparition (somme toute logique) des femmes dans les espaces d’influence ? Comment est perçue et traitée la conquête de ces espaces par les femmes, notamment dans les partis politiques ? Quelles leçons en tirer ?

Statistiquement, les femmes représentent plus de la moitié de la population du Niger (50,3% selon le rapport du recensement général de 2013, INS). Les études antérieures exhibaient à peu près les mêmes proportions, sinon d’avantage aux femmes. L’Islam, la religion majoritaire au Niger, donne d’immense champ de pouvoir aux femmes. Ces donnes devront suffire à elles seules pour garantir une omniprésence des femmes, partout et en tout, dans la gestion de la cité. Pourtant, tous les arguments possibles sont érigés, au fil de l’histoire, pour tenter de les tenir loin, le plus loin possible des centres de la gouvernance, dès qu’il y a un enjeu de visibilité, de gains financier, matériel, politique ou social. Etre femme apparait en soi comme un handicap à la réussite politique au Niger. On aurait dit que cette ardeur (d’in-équité de genre) s’inspire plus de l’histoire de la France post-révolution (jusqu’à la 2e guerre mondiale) plutôt que de l’histoire du Niger et de l’Islam. Quel qu’en soient l’ampleur et les ancrages historiques des thèses et dénégation qui soutiennent cette volonté de relégation des femmes en seconde zone, on constate, en les scrutant de prés, qu’elles (les thèses) ne tiennent pas solidement. Mieux, de nombreuses voix s’élèvent pour démontrer que le silence des savants porte autant de responsabilités en cette injustice, que le bruit exalté de ceux qui ne savent mais s’expriment. Les phénomènes contemporains de réplication (des velléités) de marginalisation des femmes dans les espaces publics sont difficilement défendables mais ses adeptes semblent fournir plus d’énergies à les justifier. Parmi les espaces publics actuels d’expression et de gestion, on compte les sphères de la société civile nationale et locale (institutions communautaires), des structures gouvernementales, des médias (y compris réseaux sociaux), des partis politiques et cadres assimilés, etc Partout en leur sein, on continue de façon diverse, délibérément ou inconsciemment, de prôner le silence de toute tonalité divergente des mères ; l’obéissance absolue des sœurs (faisons la différence entre respect et obéissance), la servitude éternelle des filles. On s’investit becs et ongles à maintenir aveuglement des privilèges phallocratiques (patriarcaux) et ancestraux; On duplique inconsciemment des stéréotypes malsains ; on prétexte la religion pour écraser celles qui nous ont tous enfanté ; on réplique les causes des misères sur nos filles ; on participe à ce qui semble être le plus grave crime contre l’humanité qui ait pu se faire. Les partis politiques, au vu et au su de tous, deviennent petit à petit le pire réceptacle de cette culture nauséabonde de ségrégation. Les partis politiques devront être parfaits sur ce terrain de la culture de l’équité et de l’égalité entre toutes les diversités nationales. Paradoxalement, ces espaces de tous les espoirs réunissent et tolèrent l’ensemble des épars, évidents et révoltants facteurs de cette horrible discrimination. Les injustices à l’égard des femmes ne sont certes pas une invention des partis politiques mais ces derniers restent critiquables non seulement pour leur (les injustices) maintient mais également pour leur exacerbation. Ils ont deux circonstances aggravantes : Les partis politiques doivent être des espaces d’apprentissage et de culture de la démocratie et de l’égalité citoyenne d’une part. D’autre part, les partis politiques se targuent tous d’avoir des projets de défense des droits humains dans la besace. Comment alors comprendre qu’ils tolèrent et/ou entretiennent cet abus ? Si les nigériens avaient opté pour un autre régime que celui dit démocratique, le débat ne se serait posé. On saurait que ce serait une autre force que les desiderata des citoyens qui imposerait ses choix dans la gouvernance du pays. Encore qu’aucun type de régime connu, aussi affreux soit-il, n’ait encore brandi de l’anti-féminisme comme projet politique. Nous avons choisi un état d’égalité des citoyens donc nous n’avons pas le droit de continuer à assister, comme impuissants, à cette aberration inhumaine. Sur 9 élections législatives étalées de 1970 à 2016 (manque les données de celles de 1996), on constate que le taux moyen de femmes élues est inférieur à 10% et, malgré les 13 et 17% respectivement en 2011 et 2016, n’a jamais atteint 20%, et même avec le bond lié à l’application de la loi sur les quota (Nom donné à la loi n° 2000-008 du 07 Juin 2000 et son l’article 3 alinéa 2 qui dispose que « Lors de la proclamation des résultats définitifs, la proportion des candidats élus de l’un ou de l’autre sexe, ne doit pas être inférieure à 10% ». On devrait tous se sentir coupable de constater que le groupe social majoritaire au Niger n’a jamais atteint le quart de présence à la représentation nationale !!! J’accuse la représentation nationale de n’avoir pas pris les dispositions (et c’est de son pouvoir) pour imposer la justice de la présence équitable des femmes en elle.

Cette inéquitable représentation des femmes à l’hémicycle est la résultante d’une combinaison de nombreux facteurs qu’on retrouve à différentes échelles dans les autres espaces (associatif, local etc).

Je ne m’appesantirai pas sur leurs vulnérabilités habituellement mises en exergue (manque d’argent, niveau d’études, charges familiales et reproductives, manque de temps…)

On peut doigter une insuffisance d’alimentation du débat autour de la question. Trop d’illuminés ont des boulevards dégagés et ont réussi à empoisonner l’opinion en soutenant la légitimation des injustices sur la base d’argumentaire nourri de stéréotypes, de fausses interprétations religieuses ou de diverses pressions. On y entend que les femmes n’ont pas le droit d’occuper des postes de responsabilités, voire même de faire de la politique ou « commander » leur propre entreprise…alors qu’en même temps, on encourage aux efforts des femmes dans la production, dans la génération des ressources, dans la mobilisation des électeurs, qui, non plus, ne sont pas des activités reproductives etc. Si la participation de la femme n’était pertinente que dans la cours fermée de sa maison, ou pour les tâches domestiques et de reproduction, que serait le service public ? Si l’accès à tous les services publics (y compris de législature) sont reconnus comme droits (en tant que bénéficiaires et en tant que pratiquants) de tous les citoyens, comment comprendre qu’on en trie et exclue la moitié des citoyens ? Trier et exclure ici s’entend non seulement par les obstacles érigés dans les moments cruciaux comme les élections, les nominations, les affectations, les recrutements, les cooptations, les instants de culte etc mais aussi en amont dans les inégalités de la scolarisation, de l’éducation, de l’accessibilité aux informations, aux opportunités de financement, etc

Ce ne sont pourtant ni les justifications ni les opportunités qui manquent à mes concitoyens pour s’engager, et lutter pour les droits de nos filles, de nos mères, de nos sœurs, de nos femmes. Mieux, on constate même que chacun veut la réussite de sa propre fille pendant que la femme prise en général devient pour beaucoup d’hommes adversaire à écraser.

La plus solide raison pour engager chaque citoyen dans ce combat est le bonheur de contribuer à construire du bonheur d’autrui. Il est tellement plus bénéfique pour soi-même et pour les autres de se démener pour construire du sourire autour de soi que l’on ne peut comprendre la propension à vouloir construire ou renforcer des barrières à l’épanouissement et la participation des autres.

Un autre carburant d’enrôlement pour la cause de la participation des femmes est le potentiel d’impact positif sur la société. En excluant tant de monde dans les réflexions, dans la production, on transfère les charges sur les (hommes qui font) moins de la moitié de l’humanité ; On diminue, au moins de moitié, des sources et des ressources qui auraient bénéficié à tous. Je pense, par exemple, aux carences criardes et conflictogénes dans les réflexions de ces parlements successifs, le plus souvent empêtrés dans leur overdose de testostérone que dans la fertilité intellectuelle attendue par le peuple. Les opinions et sensibilité féminines audibles nous auraient épargné bien des incultes stupidités. Le projet de « loi sur le quota » transmis en son temps au parlement prévoyait 25% de l’un ou l’autre sexe au minimum des postes électifs et 30% aux postes nominatifs. Les députés d’alors auraient jugé bon de ramener ces taux aux hauteurs respectifs de 10 et 25%. Je ne vous répéterai pas les arguments qu’ils auraient enfourchés, ici, par respect. Je me rappelle qu’un représentant d’un gouvernement de la République, pendant une campagne de plaidoyer (du « mouvement social ») pour la cause, nous a demandé si nous pouvions établir la liste des femmes diplômés du Niger, pour prouver notre sérieux et la pertinence de notre lutte…

Le respect de la constitution, le désir du Paradis, le rêve d’une image de grandeur, l’amour du prochain et de Dieu, l’envie de bien vivre, le devoir de défendre le droit humain, sont autant de raison à engager chacun de nous dans l’exigence de l’égalité et de l’équité, tous les jours, en tous nos actes et mots. Chacun, à commencer par les leaders politiques et sociaux, le Président de la République, chaque Ministre, Chaque député, chaque Directeur, chaque père de famille, chaque chef de village, de parti et de famille devrait être prêt à mourir pour défendre le droit de la femme, de la sœur, de la fille à lui ou à autrui, à accéder à la parole, à la décision que lui confère la constitution qui nous régit, à accomplir ses rêves de citoyenne. Quand la réussite de la femme est construite dans le dialogue, l’homme est le premier à en bénéficier, la société toute entière n’en fera que mieux se porter.

Ib

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20 juin 2018

"La colère des agneaux" est en kiosque !

A Niamey, dans les librairies "Adax", "Enseignement Supérieur" (sis rond-point Grand hôtel) et "Maison du Livre" (Rond-point Eglise)

A ouagadougou: Watsapp +22796977752 et tel +22665438200

et bientôt sur la plate-forme KAOmini

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Couverture

Résumé de « La colère des agneaux » (Editions Alfa).

En République de Boula, quelque part en Afrique de l'ouest, « l'association de malfaiteurs » au pouvoir ne respectait plus rien. Pendant que le peuple qui s'était pourtant battu jusqu'au sang pour l'instauration de la démocratie souffrait de la pauvreté, les barons du régime, s’enrichissaient à qui mieux-mieux. La république de Boula continuait à être le dernier de la planète pendant que la BRTN (Boula Radio-Télévision Nationale) s’occupait de convaincre le monde que tout allait bien pour le peuple. La meute des conseillers satellisés à la présidence, « experts en politique », aguerris en « construction stratégique » ou « spécialistes en communication » ont verrouillé le système à coups de corruption, de chantage, de séquestration des voix discordantes.  Une drôle de démocratie… Le singe a eu les gros yeux mais a perdu la solidité de ses jambes.

Les cerveaux s’en allaient enrichir des cieux plus respectueux de leur statut. En désespoir de cause, les muscles prenaient d’assaut la méditerranée." Ils partaient, sans regard pour les risques, sans respect pour les lois.... Ce qui pousse la souris à sauter dans les flammes est sans doute plus brulant que le feu.

A partir d’avril deux mille quatorze, l’ensemble de l’appareil d’Etat fut mobilisé pour préparer la nation au maintien du président de la république au pouvoir, malgré la fin constitutionnelle prochaine de son deuxième et dernier mandat à la tête de Boula. Quand l’avant-bras veut la morve, on ne l’essuie pas sur du bois.

Le salut vînt de la jeunesse, sous le leadership de Rouma Oudama, une jeune fille de 34 ans native de Yaji, un village sans école, sans centre de santé, sans route…. Elle sonna la révolte et… fut arrêtée. Battre le cadavre pour éduquer les vivants.

Les manifestations de rue et les grèves étaient quotidiennes. L’administration et le commerce furent complétement paralysés. La libération de Rouma devint l’objet d’une campagne fortement médiatisée. Sur les murs, dans les journaux, sur les réseaux sociaux et sur les chaînes privées de télévision, sous forme de bandeaux permanents, on vit la photo de Rouma Oudama, zébrée du slogan « Mou Rouma », qui pouvait autant signifier « ne pleurons pas » que « Nous sommes Rouma ». Tout le pays connut alors l’histoire de vie de Rouma et l’origine de son nom. L’incroyable parcours de la petite orpheline, de « l’agnelle », qui faisait tant trembler le tout-puissant président Zoulli Tarwa. Le destin de la République de Boula était en marche…au sens propre comme au sens figuré. Ne pas s’arrêter de courir avant son poursuivant.

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11 juin 2018

Pour commander "La colère des agneaux"....

.... contactez le (+227)96997033 ou envoyer un mail à nomaniandou@yahoo.fr en précisant le nombre d'exemplaires, le lieu et moment de livraison que vous souhaitez (Adresse à Niamey et lieu d'expédition si hors de Niamey).  Dés que le placement en Librairie serait fini, nous indiquerons les adresses de ces points de vente, ici. 

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01 février 2018

Parution de mon deuxiéme roman, "La colère des agneaux"

BIENTÔT

La parution de mon deuxiéme roman, intitulé "La colère des agneaux" est prévue pour le premier mars 2018. Suivez l'arrivée de ce bébé sur cette page, jour aprés jour....

Les faits?

L'histoire se déroulait en République de Boula.

RépubliqueIMG_20170929_220702 de Boula, en Afrique de l'ouest, où « l'association de malfaiteurs » au pouvoir ne respectait plus rien. Pendant que le peuple qui s'était pourtant battu jusqu'au sang pour l'instauration de la démocratie souffrait de la pauvreté, les barons du régime,  s'enrichissaient à qui mieux-mieux.

"Les cerveaux s’en allaient enrichir des cieux plus respectueux de leur statut. En désespoir de cause, les muscles prenaient d’assaut la méditerranée." Ils partaient, sans regard pour les risques, sans respect pour les lois....

 

 

 

 

 

 

 

IyyoNiandouLa parution, aux éditions « Afrique Lecture », de mon premier roman, "Le surdoué", est intervenue le 10 février 2010.

 

 

"Le surdoué" nous concerne tous:

Le contexte: "L’administration publique pourrissait doucement. Ses barons s’adonnaient à qui mieux mieux à leurs trafics impunis." La pauvreté sévissait.

 

 

 

Les faits:

Une adolescente non scolarisée voulait s’en sortir … par tous les moyens. « Très jeune déjà, Halima montrait des différences d'avec les fillettes de son âge : piler le mil, ramasser du bois et puiser de l'eau étaient des tâches qu'elle trouvait exécrables et inhumaines. » C’était à Taddou, un hameau perdu de l’Ader profond.  « Naître, grandir, se marier avec le premier venu, faire le maximum d'enfants, aider son mari à exploiter ses champs, tout ceci en se nourrissant de l'éternelle boule de mil, ainsi était inexorablement vouée la vie d'une femme de Taddou. Ici, depuis toujours, la distribution des rôles est une chose établie, ancrée, qu’aucun tremblement de terre ne semblait pouvoir modifier. L’humain naît, s’y conforme et  s’efface. Ici, naître fille, c’est être condamnée inexorablement au martyr. Grandir femme, c’est se confirmer esclave. … Patiemment concoctées au fil des siècles, ces «lois », malgré la déclaration des droits de l’Homme, malgré la science, malgré et contre, dominent dans les relations de genre ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Niamey, un adolescent, élève et surdoué avait plein de projets pour lui-même, pour sa famille et pour son pays … « Le génie est plus sensible que le commun des hommes. Pour un rien, il peut se refermer à jamais, se mettre à se demander ce qu’il fait dans la société ou même dans la vie…Les surdoués sont faits champions. Dans quels sens ? C’est l’environnement qui le détermine. Ils ne deviennent pas forcément professeur ou agrégé en quelques sciences. Au contraire, du fait qu’ils sont considérés comme anormaux, différents en tout cas, ils sont en général incompris, plus facilement marginalisables. »

 

 

 

Les deux adolescents croisèrent Séfou,  un méchant trentenaire, le même jour. «Avec l'élégant complet blanc  de Chadda et les fines lunettes qu'il portait, on l'aurait prit pour le plus rangé des pères de famille  mais à regarder de près, on hésiterait devant les deux immenses rides qui barraient son visage en demi-lune, de part et d'autre du nez proéminent, descendant jusqu'aux commissures des lèvres. Une parenthèse gigantesque qui lui donnait l'air hideux de ceux qui ont gaspillé leur vie à poser des peaux de bananes à leurs semblables. »

 

Des années plus tard …… Sur fonds de chômage, de prostitution, d'alcool, de mensonges, de haine et de rumeurs surviennent d'effroyables meurtres en série dans la capitale. Peur sur Niamey et enquête policière ...

 

"De nuit, en longeant l’asile psychiatrique de l’hôpital de Niamey, vous entendrez peut-être un hurlement sinistre, à vous glacer le sang, un hurlement de bête blessée, qui n’est qu’un avertissement à la société des hommes. »

 

 

 

 

 

Le message:

Même si " Les événements qui y sont  racontés n'avaient pu se dérouler et passer inaperçus au Niger ...", "Le surdoué" nous rappelle que les jeunes filles et garçons qui nous entourent, eux, ne sont pas fictifs. Ces jeunes qui nous entourent et qui, pour courir à "notre rythme", se délestent de leur chance. Terrorisés ou affamés, exploités ou oubliés, ils finissent par se voir en monstres dans le miroir qu’est la société....et à vouloir rendre la pièce de la monnaie. Incertitudes sur les sentiers de l’avenir.

::: * :::

 

Achetez "Le surdoué" en:

  1. Visitant la librairie "les farandoles" et les librairies régionales à l'intérieur du Niger.
  2. Appelant au 00227 96 99 70 33
  3. Envoyant un mail à l'adresse - commander.lesurdoue@yahoo.fr  - qui précise:

 

 

  • Votre adresse.

  • Le nombre d'exemplaires que vous souhaitez acquérir à raison de 2500 f cfa par unité (y compris les frais de port )sur le territoire national nigérien .

         Merci

 

 

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03 février 2010

Parution du roman "Le surdoué"

IyyoNiandouLa parution, aux éditions « Afrique Lecture », de mon premier roman, "Le surdoué", est intervenue le 10 février 2010.

"Le surdoué" nous concerne tous:

Le contexte: "L’administration publique pourrissait doucement. Ses barons s’adonnaient à qui mieux mieux à leurs trafics impunis." La pauvreté sévissait.

Les faits:

Une adolescente non scolarisée voulait s’en sortir … par tous les moyens. « Très jeune déjà, Halima montrait des différences d'avec les fillettes de son âge : piler le mil, ramasser du bois et puiser de l'eau étaient des tâches qu'elle trouvait exécrables et inhumaines. » C’était à Taddou, un hameau perdu de l’Ader profond.  « Naître, grandir, se marier avec le premier venu, faire le maximum d'enfants, aider son mari à exploiter ses champs, tout ceci en se nourrissant de l'éternelle boule de mil, ainsi était inexorablement vouée la vie d'une femme de Taddou. Ici, depuis toujours, la distribution des rôles est une chose établie, ancrée, qu’aucun tremblement de terre ne semblait pouvoir modifier. L’humain naît, s’y conforme et  s’efface. Ici, naître fille, c’est être condamnée inexorablement au martyr. Grandir femme, c’est se confirmer esclave. … Patiemment concoctées au fil des siècles, ces «lois », malgré la déclaration des droits de l’Homme, malgré la science, malgré et contre, dominent dans les relations de genre ».

A Niamey, un adolescent, élève et surdoué avait plein de projets pour lui-même, pour sa famille et pour son pays … « Le génie est plus sensible que le commun des hommes. Pour un rien, il peut se refermer à jamais, se mettre à se demander ce qu’il fait dans la société ou même dans la vie…Les surdoués sont faits champions. Dans quels sens ? C’est l’environnement qui le détermine. Ils ne deviennent pas forcément professeur ou agrégé en quelques sciences. Au contraire, du fait qu’ils sont considérés comme anormaux, différents en tout cas, ils sont en général incompris, plus facilement marginalisables. »

Les deux adolescents croisèrent Séfou,  un méchant trentenaire, le même jour. «Avec l'élégant complet blanc  de Chadda et les fines lunettes qu'il portait, on l'aurait prit pour le plus rangé des pères de famille  mais à regarder de près, on hésiterait devant les deux immenses rides qui barraient son visage en demi-lune, de part et d'autre du nez proéminent, descendant jusqu'aux commissures des lèvres. Une parenthèse gigantesque qui lui donnait l'air hideux de ceux qui ont gaspillé leur vie à poser des peaux de bananes à leurs semblables. »

Des années plus tard …… Sur fonds de chômage, de prostitution, d'alcool, de mensonges, de haine et de rumeurs surviennent d'effroyables meurtres en série dans la capitale. Peur sur Niamey et enquête policière ...

"De nuit, en longeant l’asile psychiatrique de l’hôpital de Niamey, vous entendrez peut-être un hurlement sinistre, à vous glacer le sang, un hurlement de bête blessée, qui n’est qu’un avertissement à la société des hommes. »

Le message:

Même si " Les événements qui y sont  racontés n'avaient pu se dérouler et passer inaperçus au Niger ...", "Le surdoué" nous rappelle que les jeunes filles et garçons qui nous entourent, eux, ne sont pas fictifs. Ces jeunes qui nous entourent et qui, pour courir à "notre rythme", se délestent de leur chance. Terrorisés ou affamés, exploités ou oubliés, ils finissent par se voir en monstres dans le miroir qu’est la société....et à vouloir rendre la pièce de la monnaie. Incertitudes sur les sentiers de l’avenir.

::: * :::

Achetez "Le surdoué" en:

  1. Visitant la librairie "les farandoles" et les librairies régionales à l'intérieur du Niger.
  2. Appelant au 00227 96 99 70 33
  3. Envoyant un mail à l'adresse - commander.lesurdoue@yahoo.fr  - qui précise:

  • Votre adresse.

  • Le nombre d'exemplaires que vous souhaitez acquérir à raison de 2500 f cfa par unité (y compris les frais de port )sur le territoire national nigérien .

         Merci

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